Ligne Très Haute Tension, une balafre inutile

400 km de câbles, 150 pylônes, des dizaines d’exploitations agricoles concernées, des milliers de riverains impactés et une nature piétinée pour un projet transitoire.
Évoquons l’utilité de ce projet, ou plutôt de son inutilité puisque cette ligne, destructrice quel que soit son trajet, pourrait n’être nécessaire que 5 ans.
Une solution alternative de production électrique sur place étant très avancée.

Lors de l’annonce de son plan France 2030, Emmanuel Macron a confirmé que notre pays allait investir un milliard d’euros dans le développement de Petits réacteurs modulaires (PRM) ou Small modular reactor (SMR). Moins chers à construire, plus sûrs, facilement intégrables au réseau, ces mini-réacteurs seraient la parfaite alternative décarbonée aux centrales à charbon où à gaz qui vont devoir fermer.

La France dispose de son propre projet baptisé Nuward, développé par EDF, comprenant deux réacteurs indépendants de 170 MWe chacun, hébergés dans un petit bâtiment.

L’État a aussi désigné 8 lauréats suite à l’appel à projets « Réacteurs nucléaires innovants » afin de créer un nouvel écosystème de startups nucléaires.

La validation des options de sureté et « le premier béton » du premier PRM sont prévus pour 2030.
Compte tenu d’éventuels retards, une mise en route avant 2033 est envisageable. Des projets de PRM à Fos seraient même très avancés techniquement et financièrement  pour 2 postes électriques. Dont celui de Feuillane.[1]

[1] RTE  minimise ces projets en affirmant qu’ils ne sortiront jamais de terre et que ces communications  sont un effet d’annonce. Il est vrai qu’en tant que poseurs de pylônes et tireurs de câbles, l’entreprise voit d’un mauvais œil la multiplication de micros centrales ou d’autre systèmes innovants moins sensibles qui mailleraient le territoire, la privant d’une manne financière.

Une  production de 680 Mwe serait insuffisante, nous dit RTE. Mais ça c’est dans leur modèle. Car est-il utile au nom de la décarbonation de fournir du courant à des entreprises comme Arcelor Mittal, usine déliquescente des années  80 ? Et fabriquer de l’hydrogène, si couteux à produire. Est-ce la solution ?

Quant à la giga-usine de panneaux photovoltaïques, gourmande en eau et en énergie, sera-t-elle rentable face aux productions chinoises, indiennes et même américaines ? Rien de moins sûr. Si l’État doit la subventionner, pour nous c’est non merci !

Les problématiques environnementales liées au CO² et les énergies nouvelles mobilisent des centaines de milliers de chercheurs dans le monde entier. Tout va très vite[1]. A peine les pylônes plantés et les câbles tirés, même si d’autres techniques  moins invasives apparaissaient, les territoires affectés le resteraient pour des années.

La consommation électrique va augmenter, mais outre les micros centrales d’ores et déjà programmées, il ne faut pas oublier que la production personnelle d’électricité se renforcera à mesure que le rendement des panneaux photovoltaïques augmentera et que leur coût baissera. Sans oublier les panneaux solaires qui pourraient produire l’eau chaude à la place des ballons électriques ou apporter des calories aux pompes à chaleur. Le climat de notre région s’y prête. Tout ça doit être pris en compte.
Mais également les efforts que chacun d’entre nous doit faire afin d’économiser l’électricité.
De tout ça RTE ne nous parle pas. Leur intérêt étant de construire des lignes.

[1] Il suffit d’observer le rendement des panneaux photovoltaïques, qui est passé de 6% à  21% en quelques années. Et l’autonomie  accrue mois après mois des voitures électriques rendue possible grâce aux améliorations  permanentes des batteries.  

Si certains projets ne se font pas sur Fos, est-il utile de tirer une 400 KV ? Une 225 KV pourrait suffire. Et dans ce cas pourquoi ne pas enterrer cette ligne, ce qui est envisageable pour ce voltage.
Notre environnement exceptionnel ne le mérite-t-il pas ?

Cette ligne de 400 KV, mise en service en 2028, à sens unique puisque pour des années encore il n’y aura pas de production électrique à Fos, pourrait avoir une utilité réelle de moins de cinq ans.
Sans créations d’emplois pérennes sur les zones impactées, détruisant l’environnement et dégradant l’économie touristique et agricole d’un territoire au profit de l’économie industrielle d’un autre, un tel projet est inacceptable.
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